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Programme

Pédagogie

Compétences attendues

  • Repérer le rôle des différents acteurs et leurs responsabilités dans le fonctionnement du système d’information ;
  • Participer à l’identification des besoins en compétences numériques.

Savoirs associés

  • Rôles et responsabilités des acteurs : utilisateurs des progiciels et des applications ; directeur et gestionnaires des systèmes d’information ; chefs de projets ; développeurs d’applications ; responsable des infrastructures informatiques ;
  • Interaction de la direction des systèmes d’information avec les autres directions de l’organisation ;
  • Les compétences numériques attendues des utilisateurs du système d’information.

Plan

  • Cours
      1.2.1 Les rôles et responsabilités des acteurs du SI
      1.2.2 Les interactions de la DSI avec les autres directions
  • Synthèse

Mots clés

Le système d’information est l’un des principaux supports de pérennité et de croissance de l’entreprise. Il repose sur trois composantes — technologique, organisationnelle et, bien sûr, humaine : c’est cette dernière que ce chapitre étudie. Chaque utilisateur contribue de façon collaborative à l’accomplissement des missions qui assurent la performance globale. Quels sont les rôles, missions et périmètres de chacune des ressources humaines du SI ?

À quoi ça sert ?

En cabinet comme en entreprise, vous ne serez jamais seul face à un logiciel. Quand le progiciel comptable refuse un accès, quand il faut récupérer un fichier de la paie, quand la direction veut changer d’outil, il faut savoir à qui s’adresser — et ce que cette personne a le droit de faire.

Ce chapitre vous donne la carte des métiers du numérique et leurs responsabilités respectives. À l’examen, on vous demandera régulièrement « qui doit intervenir ? » dans une situation donnée.

Cours

1.2.1 Les rôles et responsabilités des acteurs du SI

Chez Vasseur — la situation

Le logiciel de gestion commerciale refuse l’accès à une nouvelle assistante. Qui crée son compte ? Qui décide de ses droits ? Qui vérifie qu’ils sont retirés quand elle partira ? Chez Vasseur, la réponse aux trois questions est « Thomas, quand il aura le temps » — et il est à mi-temps.

La question de cette section : quels sont les métiers du SI, et de quoi chacun répond-il exactement ?

Introduction

  • Le SI génère de nombreux atouts en termes de productivité et de qualité ;
  • Un acteur dédié au SI a des fonctions et missions précises ainsi qu’un pouvoir de décision ;
  • Ses actions sont exclusivement concernées par le système d’information ;
  • Il doit également rendre compte des actions menées.

Chez Vasseur

Menuiseries Vasseur n’a pas de directeur des systèmes d’information : elle a Thomas Lemoine, technicien à mi-temps. C’est le cas de la plupart des PME, et cela ne supprime pas les missions — cela les laisse orphelines.

Quand Camille Vasseur a ouvert l’agence de Blois, quelqu’un aurait dû décider comment raccorder le site au réseau, quels droits donner aux neuf salariés et comment sauvegarder leurs données. Personne ne l’a fait de façon explicite : on a « branché », et l’entreprise vit depuis avec une liaison qui sature.

Les rôles décrits ci-dessous existent dans toute organisation ; la question est de savoir qui les tient.

Les acteurs dédiés

  • Chaque acteur du SI – dont les acteurs dédiés –, contribue, au travers de ses missions, à la performance globale de l’organisation ;
  • Aujourd’hui, aucune organisation ne peut fonctionner sans système d’information.
RôlesResponsabilités
Directeur des SI- Définir le pilotage du SI
- Faire coïncider le SI avec la stratégie
- Contrôler l’exécution des missions SI
- Diffuser les potentialités du SI dans toutes les directions métier
- Planifier les actions à mener
- Mise en œuvre de la gouvernance SI
- Compte rendu de la cohérence globale du SI
- Optimisation des ressources financières engagées pour le SI
- Application de la réglementation
Gestionnaire des SI- Assurer la disponibilité du SI
- Vérifier l’accessibilité aux bases de données
- S’assurer du bon fonctionnement du SI en fonction des spécialités de chacun
- Identification des besoins des utilisateurs au travers d’enquêtes et d’audits
- Garant des maintenances logicielles et matérielles
Responsable de la sécurité des SI (RSSI)- Mettre en œuvre des mesures sécuritaires performantes
- Actualiser la charte informatique en cohérence avec des conduites sécuritaires des utilisateurs
- Résoudre les incidents sur le SI
- Veille informationnelle technologique et applicative en lien avec la sécurité à assurer
- Expertises liées aux normes sécuritaires (tests de la robustesse de la sécurité, hacker éthique, etc.)
Chef de projet SI- Conduire le projet
- Animer l’équipe projet
- Vérifier l’avancement du projet
- Contrôle de la conformité entre l’attendu et le réalisé
- Planification du projet
Développeurs d’applications- Réaliser les applications sur mesure et les interfaces entre logiciels
- Concevoir les modes opératoires des logiciels pour les utilisateurs
- Identification des besoins applicatifs
- Réalisation d’une cartographie applicative
- Conformité des applications conçues avec le cahier des charges initial
Responsable des infrastructures informatiques- Vérifier la mise en œuvre des renouvellements et mises à jour des infrastructures informatiques- Planification des besoins en matériels (ordinateurs, serveurs, câblages, etc.)
Data Analyst (analyste de données)- Exploiter les données déjà collectées par l’organisation pour répondre à une question de gestion
- Construire les tableaux de bord et les indicateurs
- Rendre les résultats lisibles pour les décideurs
- Fiabilité des chiffres publiés
- Choix des indicateurs pertinents
- Explication de la méthode retenue
Data Scientist (scientifique des données)- Concevoir des modèles prédictifs à partir de gros volumes de données
- Mobiliser des techniques statistiques et d’apprentissage automatique
- Croiser des données de sources hétérogènes
- Pertinence et limites du modèle produit
- Absence de biais discriminatoire
- Respect du RGPD sur les données mobilisées
Utilisateur de progiciels et applications- Maîtriser les usages
- Se former ou demander des formations
- Faire remonter les améliorations à déclencher
- Respect des consignes d’utilisation des applications en cohérence avec les droits d’accès
- Respect des consignes sécuritaires

Data Analyst ou Data Scientist ?

La distinction tombe souvent à l’examen. Le Data Analyst regarde le passé et le présent : « qu’est-ce qui s’est passé, et pourquoi ? ». Le Data Scientist regarde l’avenir : « que va-t-il probablement se passer ? ». Le premier construit un tableau de bord des ventes ; le second construit un modèle qui prédit quels clients risquent de partir. Ces deux métiers sont repris en partie 3, avec les technologies émergentes.

Les acteurs extérieurs à l’organisation

  • Le SI ne repose pas seulement sur des salariés : plusieurs acteurs externes y interviennent en permanence :
    • Les éditeurs de logiciels conçoivent et font évoluer les progiciels utilisés (Sage, Cegid, SAP…). Ils imposent leurs mises à jour, leurs formats et leurs conditions de licence ;
    • Les entreprises de services du numérique (ESN) prennent en charge tout ou partie du SI pour le compte du client — elles font l’objet du chapitre 1.4 ;
    • Les hébergeurs stockent les données et font fonctionner les applications à distance ;
    • Les partenaires économiques (clients, fournisseurs, banques, expert-comptable, administrations) sont reliés au SI par des échanges automatisés ;
  • Chacun de ces acteurs constitue également un point de dépendance : technique, contractuel ou sécuritaire — et l’organisation en reste responsable devant la loi.

La mise à jour constante des compétences attendues

  • Les RH sont au centre des processus permettant de générer le succès de l’organisation ;

  • Dans un contexte ultra-concurrentiel, les performances du SI constituent un avantage compétitif et donc un élément distinctif ;

  • Certains éléments essentiels y contribuent :

    • Les compétences des collaborateurs doivent s’améliorer en permanence (formation aux applications, exploitation optimale du numérique, gestion des emplois et des parcours professionnels – GEPP, l’ancienne GPEC) ;
    • La prégnance du numérique nécessite d’identifier les besoins spécifiques en formation ;
    • Le travail collaboratif doit être effectif et favoriser l’intelligence collective, grâce au partage et à l’accessibilité des données ;
    • Les RH doivent être impliquées dans les décisions impactant leur utilisation du SI (gestion en amont du changement de logiciel et pilotage participatif du SI) afin de limiter les résistances au changement ;
    • Les utilisateurs doivent être en phase avec les usages du SI pour maximiser les potentialités numériques (logiciels, matériels) ;
    • Les insatisfactions des utilisateurs du SI doivent être repérées pour y remédier (logiciels, matériels, pannes de réseau, organisation, formation, etc.).
  • Ces compétences ne sont pas laissées à l’appréciation de chacun : elles sont décrites par un référentiel national, le cadre de référence des compétences numériques (CRCN) — celui-là même qu’évalue la certification PIX. Il répartit les compétences attendues d’un utilisateur en cinq domaines :

Domaine du CRCNCe qu’il recouvre
Informations et donnéesMoteur de recherche, veille d’information, fake news, organisation des fichiers, utilisation du tableur
Communication et collaborationCourriel, agenda, réseaux sociaux, outils collaboratifs, e-citoyenneté…
Création de contenuTraitement de texte, image, son et vidéo, mise en page, droit d’auteur, programmation
Protection et sécuritéDonnées personnelles, accessibilité, ergonomie du poste de travail, cybersécurité, impacts environnementaux du numérique, cyberharcèlement, cyber-rançonnage…
Environnement numériqueRésolution de problèmes techniques, système d’exploitation, composants, histoire de l’informatique, progrès technologique
  • Vous reconnaîtrez dans ces cinq domaines le programme de plusieurs chapitres de cette UE : la protection et la sécurité font l’objet de la partie 4, et le traitement des informations et des données celui de la partie 2.

Chez Vasseur — la réponse

Quels sont les métiers du SI, et de quoi chacun répond-il exactement ?

Le chapitre en a nommé neuf à l’intérieur de l’organisation — DSI, gestionnaire des SI, RSSI, chef de projet, développeur, responsable des infrastructures, Data Analyst, Data Scientist, utilisateur — auxquels s’ajoutent les acteurs externes : éditeurs, ESN, hébergeurs, partenaires.

Appliqué aux trois questions posées en ouverture, cela donne :

  • créer le compte est un acte d’exploitation : il relève du gestionnaire des SI ;
  • décider des droits n’est pas une décision informatique mais une décision de gestion : c’est le responsable métier — ici Sofiane Belkacem pour la gestion commerciale — qui dit ce que l’assistante doit pouvoir voir, sous l’arbitrage du DSI ;
  • vérifier le retrait des droits relève de la sécurité (le RSSI définit la règle) et repose sur une procédure déclenchée par les ressources humaines, seules à connaître la date de départ.

Chez Vasseur, ces trois rôles reposent sur une seule personne à mi-temps. Ce n’est pas une anomalie : c’est la situation ordinaire d’une PME. Mais un rôle non attribué n’est pas un rôle supprimé — c’est un rôle que personne n’exerce, jusqu’au jour où le compte d’une salariée partie depuis trois mois sert à sortir le fichier clients.

La bonne question n’est donc jamais « qui a le temps ? », mais « qui répond de quoi ? » — et c’est celle que l’examen vous posera.

Mise en pratique

1.2.2 Les interactions de la DSI avec les autres directions

Chez Vasseur — la situation

Camille Vasseur a signé le configurateur en ligne avec une agence Web, sans en parler ni à Sofiane ni à Thomas. Résultat : les devis générés par le site ne reprennent pas les tarifs du logiciel de gestion commerciale, et personne ne sait les intégrer.

La question de cette section : pourquoi les décisions numériques ne peuvent-elles pas se prendre dans un coin, et comment les autres directions doivent-elles y être associées ?

Enjeux des relations entre SI et les autres services

Concrètement, la DSI identifie les besoins de chaque direction métier et lui montre ce que le SI peut lui apporter :

La direction métierCe que le SI lui apporte
Ressources humainesExpression et planification des besoins de formation sur les logiciels ; délivrance de certificats aux utilisateurs « personnels ressources » sur une nouvelle application ; anticipation des besoins en emplois et en compétences (GEPP)
ProductionParticipation à la recherche et développement (conception et tests) ; intégration aux machines (commandes numériques, ateliers flexibles) ; gestion des commandes aux fournisseurs par le progiciel de production
LogistiqueAdaptation aux contraintes de la logistique multimodale (avion, train, route, bateau) ; optimisation des délais d’acheminement et de livraison ; suivi en direct par les clients
MarketingRéponse aux attentes des clients en matière de délais ; agilité des plateformes d’e-commerce ; veille et prise en compte des retours sur les réseaux sociaux et les blogs
Comptable et financièreConstruction d’une information comptable et financière intégrée et fiable ; optimisation des opérations — saisie limitée, génération automatique de documents juridiques, de factures et de bulletins électroniques ; développement des échanges dématérialisés sécurisés

Lien entre la DSI et la direction générale

  • Le positionnement de la direction des systèmes d’information (DSI) au sein de l’organisation traduit la place accordée au SI ;
  • Plusieurs objectifs y sont attendus :
    • Partager une vision commune du SI, source de création de valeur dans l’organisation ;
    • Prendre des décisions permettant de profiter des potentiels du numérique ;
    • Diffuser une culture du numérique au sein de l’ensemble des métiers de l’organisation.

Fonctionnement agile de la DSI au sein de l’organisation

Définition

L’agilité du SI désigne sa capacité d’adaptation à la stratégie globale et aux nouveautés technologiques, tant matérielles que logicielles.

  • Tout changement dans la stratégie globale de l’organisation ou toute innovation technologique a un impact sur le système d’information, renforçant la nécessité de promouvoir la culture digitale interne pour faciliter l’évolution et l’adaptation du SI ;
  • Les améliorations de ce dernier sont diffusées rapidement dans l’organisation, ce qui permet un alignement sur la stratégie globale.

Chez Vasseur — la réponse

Pourquoi les décisions numériques ne peuvent-elles pas se prendre dans un coin, et comment les autres directions doivent-elles y être associées ?

Parce que le SI est transversal : aucun outil ne concerne un seul service. Le configurateur en ligne touche le commercial (il produit des chiffrages), la comptabilité (ces chiffrages deviendront des factures), la production (les quantités partiront à l’atelier) et la direction (il engage l’image de l’entreprise). Décidé seul, il crée un cinquième îlot dans un SI qui en compte déjà quatre.

Ce qui a manqué tient en trois points du chapitre :

  • le lien avec la direction générale : la décision était stratégique, mais elle n’a jamais été traduite en besoin SI ;
  • l’association des directions métier : ni le responsable administratif et financier ni le technicien informatique n’ont été consultés, donc aucun n’a pu signaler que les tarifs vivent dans le logiciel de gestion commerciale ;
  • l’interopérabilité, qui aurait dû figurer au cahier des charges remis à l’agence Web : le configurateur doit lire les tarifs à la source, pas les recopier.

C’est aussi la définition même de l’agilité du SI : sa capacité à absorber une décision stratégique nouvelle sans que tout soit à refaire. Un SI agile ne se décrète pas au moment de la signature — il se prépare en associant, en amont, ceux qui vivront avec l’outil.

Mise en pratique

QCM

Wooclap

Synthèse

La dimension humaine du SI

Les rôles et responsabilités des acteurs du SI

ActeurEn une phrase
Directeur des SI (DSI)Il pilote le SI et l’aligne sur la stratégie de l’organisation.
Gestionnaire des SIIl assure au quotidien la disponibilité et le bon fonctionnement du SI.
RSSIIl définit et fait appliquer les mesures de sécurité, et traite les incidents.
Chef de projet SIIl conduit un projet donné : équipe, planning, conformité au besoin.
Développeur d’applicationsIl réalise les applications sur mesure et les interfaces entre logiciels.
Responsable des infrastructuresIl gère le matériel, les serveurs et le réseau.
Data AnalystIl exploite les données existantes pour expliquer ce qui s’est passé.
Data ScientistIl construit des modèles pour prévoir ce qui va se passer.
UtilisateurIl maîtrise les outils, respecte les règles et fait remonter les besoins.
Acteurs externesÉditeurs, ESN, hébergeurs, partenaires : ils interviennent dans le SI sans en faire partie, et créent autant de dépendances.

Les interactions de la DSI avec les autres directions — diffuser une culture du numérique dans tous les services ; intégrer chaque direction métier à la stratégie SI ; faire profiter l’organisation des potentialités du numérique ; développer l’agilité du SI, c’est-à-dire sa capacité à s’adapter à la stratégie et aux évolutions technologiques.

À retenir

Dans une PME, ces rôles ne correspondent pas à dix personnes : ils sont tenus par deux ou trois, voire par personne. Les missions, elles, existent toujours — et l’examen vous demandera de dire qui devrait intervenir, pas qui le fait.


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