Programme
Pédagogie
Compétences attendues
- Analyser la qualité d’une information ;
- Repérer et mettre en œuvre des procédures de contrôle de la qualité d’une information ;
- Mettre en évidence le rôle du système d’information dans une organisation ;
- Repérer les composantes du système d’information et leur rôle ;
- Différencier les niveaux du système d’information.
Savoirs associés
- Critères de qualité de l’information : accessibilité, exactitude, actualité, pertinence, exhaustivité ;
- Nature et composantes du système d’information : interaction des ressources humaines, technologiques et organisationnelles ;
- Présentation de l’organisation comme un ensemble de trois sous-systèmes : décisionnel, opérant et d’information ;
- Rôles opérationnel et stratégique du système d’information ;
- Les différents niveaux du système d’information : métier, fonctionnel, applicatif, technique.
Plan
- Cours 1.1.1 La qualité de l’information dans les organisations 1.1.2 Le fonctionnement du système d’information (SI) 1.1.3 Les niveaux du système d’information (SI)
- Synthèse
Mots clés
Le système d’information (SI) d’une organisation permet de collecter, produire, mémoriser et diffuser une information de qualité nécessaire aux acteurs.
Le Big Data est au cœur des problématiques des systèmes d’information via les 3V :
- Volume (quantité de données créées et exploitées) ;
- Velocity (rapidité tant dans leur création que dans leur transmission) ;
- Variety (variété). La gestion et la qualité de ces informations constituent un enjeu crucial au service de la performance globale.
À quoi ça sert ?
Vous serez un jour devant un tableau de chiffres qu’on vous demandera de commenter, ou devant une balance comptable qui ne tombe pas juste.
La première question à se poser n’est jamais « comment calculer ? » mais « d’où viennent ces données et valent-elles quelque chose ? ».
Ce chapitre vous apprend à juger la qualité d’une information avant de vous en servir, et à comprendre comment une organisation l’organise, la range et la fait circuler. C’est la base de tout le reste du programme.
Cours
1.1.1 La qualité de l’information dans les organisations
Chez Vasseur — la situation
Camille Vasseur veut savoir combien l’entreprise a gagné sur les chantiers de vérandas cette année. Sofiane Belkacem lui sort un chiffre du logiciel comptable.
Nadia Perrot, elle, en sort un autre de son tableur d’atelier. Les deux sont sincères, les deux sont faux : le premier ignore les retouches facturées après coup, le second oublie les heures des poseurs.
La question de cette section : à quoi reconnaît-on qu’une information est bonne, et que faire pour qu’elle le devienne ?
Introduction
- Une organisation performante repose sur l’exploitation d’informations nécessaires à la prise de décision ou à la production de documents financiers, commerciaux ou juridiques :
- Une information comporte ainsi cette caractéristique d’utilité dans un contexte précis ;
- L’information, pour être transmise, échangée, traitée, conservée, modifiée, etc., prend une dimension pratique et devient une donnée.
Définitions — de la donnée à la connaissance
Le programme distingue trois niveaux qu’il ne faut pas confondre :
- la donnée est un fait brut, enregistré tel quel, sans interprétation :
12 500,2026-03-14,Dupont;- l’information est une donnée mise en contexte, qui prend un sens pour quelqu’un : « le client Dupont a acheté pour 12 500 € le 14 mars 2026 » ;
- la connaissance est ce que l’on tire de plusieurs informations rapprochées, et qui permet d’agir : « Dupont commande davantage au printemps, il faut le relancer en février ».
Une image pour comprendre
Une donnée, c’est un ingrédient dans le placard. Une information, c’est la recette qui dit quoi en faire. La connaissance, c’est le tour de main du cuisinier qui sait, après cent services, que ce plat marche mieux le vendredi soir.
Un système d’information sert à transformer les ingrédients en plats — pas à accumuler des placards pleins.
Chez Vasseur
Menuiseries Vasseur tient un stand à la foire de Tours chaque printemps. Les commerciaux notent le nom, le téléphone et le projet des visiteurs intéressés : « M. Renaud — 06 12 34 56 78 — 4 fenêtres alu, maison 1970 ». Ce sont des données.
Enregistrées dans le logiciel commercial et rapprochées du secteur géographique, elles deviennent une information exploitable : une liste de prospects à rappeler.
Et quand, trois ans de suite, on constate que les visiteurs de la foire signent deux fois plus que les contacts venus du site Internet, l’entreprise en tire une connaissance : le stand mérite d’être maintenu.
Les critères de qualité de l’information
Définition
La qualité de l’information désigne sa capacité à répondre aux besoins de chaque organisation.
- La qualité de l’information constitue un enjeu essentiel pour différencier les organisations entre elles ;
- L’information doit satisfaire divers critères afin d’être estimée de qualité.
Description du schéma, en toutes lettres
Le schéma liste les cinq critères de qualité de l’information, chacun suivi de la question qu’il pose. Accessibilité : puis-je l’obtenir facilement, et ai-je le droit d’y accéder ? Exactitude : est-elle juste, et sait-on d’où elle vient ? Actualité : de quand date-t-elle ? Pertinence : répond-elle à la question que je me pose ? Exhaustivité : est-elle complète, ou manque-t-il des lignes ?
Une bande en pointillés referme le schéma : ces cinq critères s’apprécient toujours au regard de l’usage qu’on veut faire de l’information.
- Sur un site Web, l’accessibilité se mesure au nombre de clics nécessaires pour atteindre l’information : une information accessible se trouve en trois clics au maximum. C’est une règle d’ergonomie, connue sous le nom de « règle des trois clics ».
À savoir
La consultation de sites Internet doit permettre de s’assurer de la qualité des contenus. Préférez les sites institutionnels (.org/.gouv) aux sites commerciaux (.com).
Les sources internes ou externes
- Chaque organisation est amenée à utiliser des informations :
- En provenance de l’extérieur (enquêtes statistiques Insee, enquêtes marketing confiées à des cabinets de conseils, réseaux sociaux, site Web, etc.) ;
- Issues d’un processus généré en interne (par les salariés) et destinées aux acteurs internes (services comptable, commercial, production, etc.), aux partenaires économiques (clients, sous-traitants, fournisseurs) et aux entités administratives (centre des impôts, Urssaf, sécurité sociale, etc.) ;
- Cette production interne d’informations est régulière et prend des formes diverses :
- Etablissement des documents de synthèse (bilan, compte de résultat, annexes) pour l’administration ;
- Calcul du montant de TVA due ;
- Réalisation d’un bulletin de salaire électronique pour les salariés ;
- Production d’informations issues du contrôle de gestion au travers des calculs de coûts, des résultats analytiques, des budgets, de la gestion des stocks, etc.
- Que les sources d’information soient externes ou internes, elles obéissent aux mêmes critères de qualité.
Chez Vasseur
Pour chiffrer une véranda, Élodie Fournier a besoin d’informations
- Externes :
- Le tarif du fournisseur d’aluminium, le taux de TVA applicable en rénovation Internes :
- Le temps de pose moyen constaté sur les chantiers comparables, le coût horaire d’une équipe, la marge minimale fixée par la direction.
En les combinant, elle produit une nouvelle information : le prix du devis. Si l’une des sources d’entrée est fausse, le devis l’est aussi — et personne ne s’en apercevra avant la fin du chantier.
Les procédures de contrôle de la qualité de l’information
- L’information vient alimenter la prise de décision, déclencher l’action ou répondre aux obligations légales et administratives ;
- Elle constitue ainsi une ressource clé pour toute organisation et doit donc être contrôlée afin d’en vérifier la qualité.
Définition
Une procédure désigne les activités et missions à réaliser afin d’atteindre un objectif : la qualité de l’information. Cela fait référence à tout ce qui est mis en œuvre pour favoriser, améliorer, planifier et maîtriser la qualité.
| Contexte | Procédure de contrôle |
|---|---|
| Identification de l’émetteur et du destinataire des données. | - Gestion des droits d’accès sur le système d’information afin de déterminer qui peut collecter, modifier, créer et supprimer des données ; - Mise à jour planifiée de cette gestion des droits d’accès : départ des utilisateurs, changement de poste de travail, embauche, etc. ; - Utilisation de signature électronique, chiffrement. |
| Utilisation optimale de l’information | - Audit du SI afin d’en diagnostiquer les failles pouvant impacter la qualité des données : nombreuses saisies, absence d’interopérabilité entre les logiciels, manque de formation des utilisateurs, mises à jour irrégulières, etc. ; - Utilisation de référentiels de bonnes pratiques (ex. : Cobit) ; - Visibilité des conditions générales de vente (CGV) sur le site marchand. |
| Risques à maîtriser afin de ne pas hypothéquer la qualité de l’information | - Mise à jour régulière des logiciels sécuritaires ; - Compatibilité des logiciels entre eux au sein du SI à vérifier et à prendre en compte au moment des choix applicatifs, notamment en vue de l’implémentation d’un progiciel de gestion intégré ; - PGI (modules compatibles) ; - Mise en place d’interfaces (circulation des données) entre logiciels, d’échanges de données informatisées afin de limiter les saisies ; - Mise en place d’une certification ISO 9001 (management de la qualité) ; - Utilisation de protocoles https garantissant la sécurité des sites partenaires. |
À savoir
La qualité désigne également la gestion en termes de coûts qu’engendre un SI. Comme toute fonction dans une organisation, le SI doit être en capacité de générer des performances au moindre coût.
Chez Vasseur — la réponse
À quoi reconnaît-on qu’une information est bonne, et que faire pour qu’elle le devienne ?
On la juge sur cinq critères : Accessibilité, exactitude, actualité, pertinence, exhaustivité — et toujours au regard de l’usage qu’on veut en faire. Les deux chiffres de Camille Vasseur sont parfaitement accessibles et parfaitement actuels ; ils pèchent sur l’exhaustivité, et l’exhaustivité manquante rend l’exactitude illusoire. Un chiffre incomplet n’est pas « à peu près juste » : pour décider s’il faut continuer les vérandas, il est faux.
Ce qui manque n’est pas un logiciel, c’est une procédure. Il faut dire qui saisit les retouches et à quel moment, faire remonter les heures des poseurs dans le même outil que les ventes, et vérifier régulièrement que la règle est tenue. C’est exactement le rôle des procédures de contrôle : droits d’accès tenus à jour, audit du SI pour repérer les doubles saisies, interopérabilité entre le logiciel commercial et le suivi d’atelier pour que la donnée ne soit saisie qu’une fois.
Retenez la formule : une information de qualité n’est pas une information exacte, c’est une information exacte pour l’usage qu’on en fait.
Vérifiez que vous avez compris
Le service commercial dispose d’un fichier de 4 000 prospects, constitué il y a six ans et jamais mis à jour depuis. Quel critère de qualité fait défaut, et quel autre reste satisfait ?
L’actualité fait défaut : les coordonnées ont vieilli, une partie des prospects a déménagé ou n’a plus de projet. L’exhaustivité peut aussi être en cause, puisque six ans de nouveaux contacts n’y figurent pas. En revanche l’accessibilité reste satisfaite — le fichier est disponible immédiatement. C’est bien le problème : une information très accessible peut être totalement inutilisable.
Mise en pratique
Cas pratique 1 : Le fichier de la foire de Tours
Compétences attendues
- Analyser la qualité d’une information
- Repérer et mettre en œuvre des procédures de contrôle de la qualité d’une information
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Menuiseries Vasseur tient chaque printemps un stand à la foire de Tours. Les commerciaux y notent les visiteurs intéressés sur des fiches papier, ressaisies ensuite dans un tableur. Le fichier compte aujourd’hui 1 840 lignes, accumulées sur six éditions.
Camille Vasseur veut lancer une campagne de relance avant la foire de 2027 et demande à Élodie Fournier ce que vaut ce fichier. Élodie relève les éléments suivants :
Constat 1 Le fichier est sur le poste d’Élodie, dans un dossier qu’elle est seule à connaître. Il lui faut moins d’une minute pour l’ouvrir. 2 La colonne « Projet » (ce que le visiteur voulait faire) est vide dans 738 lignes sur 1 840. 3 214 lignes portent un numéro de téléphone à 9 chiffres, ou 11. 4 Les 612 lignes de 2021 et 2022 n’ont jamais été rappelées. 5 Le fichier ne contient aucune des demandes reçues par le site Internet, qui arrivent par courriel et restent dans la boîte de réception. 6 96 visiteurs apparaissent deux fois, parfois trois : ils sont revenus d’une année sur l’autre. Missions
- Pour chacun des six constats, identifiez le critère de qualité de l’information qui fait défaut. Un constat peut en concerner deux.
- Le constat 1 est-il un point fort ou un point faible ? Justifiez votre réponse en distinguant l’accessibilité pour Élodie et l’accessibilité pour l’entreprise.
- Appréciez la capacité de ce fichier à fonder la décision de reconduire le stand.
- Proposez trois procédures de contrôle applicables dès la foire de 2027. Pour chacune, indiquez le critère qu’elle protège et qui en est chargé.
1.1.2 Le fonctionnement du système d’information (SI)
Chez Vasseur — la situation
Un particulier demande un devis à Blois. Élodie Fournier le saisit ; un commercial va relever les cotes ; l’atelier de Tours fabrique ; une équipe pose ; Sofiane facture ; le comptable enregistre. Six personnes, quatre logiciels, deux sites — et une seule commande.
La question de cette section : qu’est-ce qui fait tenir tout cela ensemble, et comment nomme-t-on chacun de ses rouages ?
Introduction
- Toutes les organisations sont aujourd’hui informatisées puisqu’elles s’appuient sur des modalités numériques pour fonctionner, prendre des décisions, réaliser leurs activités tant dans leur cœur de métier que dans les domaines de l’information comptable et financière.
Définition
Un système d’information (SI) désigne un ensemble structuré de ressources — humaines, technologiques et organisationnelles — qui interagissent pour collecter, stocker, traiter, diffuser et sécuriser l’information dont l’organisation a besoin.
Attention à ne pas confondre
Le système d’information n’est pas le parc informatique. L’informatique (les machines et les logiciels) n’en est qu’une ressource parmi d’autres. Un classeur papier, une procédure de validation des factures ou la personne qui saisit les commandes font partie du SI au même titre qu’un serveur. C’est une confusion très fréquente — et très sanctionnée à l’examen.
Une image pour comprendre
Pensez au système nerveux d’un corps humain. Il ne fabrique rien lui-même : il capte ce qui se passe, transporte l’information jusqu’au cerveau, déclenche les réactions et garde la mémoire de ce qui a marché. Le SI joue ce rôle dans l’organisation — et comme le système nerveux, on ne mesure son importance que le jour où il tombe en panne.
Les quatre ressources du SI
Pour entrer dans le détail de ces trois composantes, le programme demande de savoir nommer quatre ressources : les ressources matérielles (ordinateurs, serveurs, réseau), logicielles (progiciels, applications), les données elles-mêmes, et les procédures — c’est-à-dire les règles humaines et organisationnelles qui disent qui fait quoi, quand et comment.
- Le SI a vocation à collecter, traiter, communiquer et conserver des données exploitées ;
- Il se caractérise par :
- Les différentes fonctions assurées (toutes les actions à mener) ;
- Ses composantes (les différents services, le découpage de l’organisation, etc.) ;
- Les rôles qui lui sont assignés.
Les fonctions du SI
- Le système d’information assure cinq fonctions essentielles : collecter, stocker, traiter, diffuser et sécuriser.
| Item | Description |
|---|---|
| Collecte des données | - Le SI n’est d’aucune utilité s’il n’est pas alimenté en données ; - Ces données émanent de l’extérieur (clients et fournisseurs), de l’intérieur de l’entreprise (création d’une facture) ; d’institutionnels (État, droit du travail, banques, administration fiscale). |
| Stockage des données | - Les traitements successifs des données collectées et produites nécessitent à chaque étape un stockage (données d’un devis stockées avant de générer un bon de commande) ; - La sauvegarde des données est réalisée dans les bases des clients ou des fournisseurs ; - L’archivage des données est imposé dans les contrats de travail des salariés. |
| Traitement des données | - Les données doivent être transformées pour atteindre les objectifs (ex. : le bon de commande d’un client doit faire l’objet d’un bon de livraison, d’une facture, d’un enregistrement comptable dans le logiciel comptable) ; - Chaque information peut générer une autre information (en suivant un processus). |
| Diffusion des données | - Toute information (stockée ou produite) n’a de réelle valeur que si elle parvient au bon destinataire qui en a besoin au bon moment avec un contenu fiable ; - Le système d’information doit permettre cette communication des données de façon sécurisée. |
| Sécurisation des données | - Les quatre fonctions précédentes ne valent rien si les données peuvent être perdues, faussées ou lues par n’importe qui ; - Le SI doit garantir que la donnée reste disponible (accessible quand on en a besoin), intègre (non altérée) et confidentielle (réservée aux personnes autorisées) — par les droits d’accès, les sauvegardes et le chiffrement ; - Cette fonction est développée dans la partie 4. |
Les composantes du SI
Après avoir vu ce que le SI fait — ses cinq fonctions —, il reste à voir de quoi il est fait. C’est la question des composantes.
Définition
Les composantes du système d’information sont les trois grandes familles d’éléments dont il est constitué : la composante humaine, la composante technologique et la composante organisationnelle. Aucune ne fonctionne sans les deux autres — le programme parle d’ailleurs d’une interaction permanente.
| Composante | Ce qu’elle regroupe |
|---|---|
| Humaine | Les personnes : utilisateurs des applications et informaticiens. La formation et les bonnes pratiques d’usage du numérique y jouent un rôle central. Chez Vasseur : les 62 salariés qui saisissent, consultent et décident ; Thomas Lemoine, seul informaticien. |
| Technologique | Le matériel (ordinateurs, tablettes, smartphones, scanners, câblage, serveurs) et le logiciel (applications métier, PGI, logiciels de sécurité), tenus à jour et en adéquation avec les besoins. Chez Vasseur : les quatre logiciels, les postes des deux sites, les serveurs de Tours, la liaison avec Blois. |
| Organisationnelle | Les règles : procédures et rythme de sauvegarde, désignation des responsables de la sécurité, respect du RGPD, circulation sécurisée des données vers les clients, planification de l’évolution du SI. Chez Vasseur : la règle — non écrite — qui veut que Nadia Perrot reçoive les commandes dans son casier ; l’absence de procédure de retrait des droits d’accès. |
Une image pour comprendre
Un trépied. Les données sont l’appareil posé dessus ; les trois composantes sont les trois pieds. Retirez-en un et tout tombe, quelle que soit la qualité des deux autres : du matériel neuf sans personne formée ne sert à rien, des salariés compétents sans règles de sauvegarde travaillent sans filet, et les meilleures procédures du monde ne s’appliquent pas toutes seules.
Et les trois ne font pas que coexister : elles sont en interaction permanente. Changer l’une oblige à reprendre les autres — un nouveau logiciel, et ce sont les habitudes de travail et les procédures de sauvegarde qu’il faut revoir.
Le moyen de les retenir : c’est le plan de cette partie
Vous n’avez pas à apprendre les trois composantes comme une liste — vous avez déjà leur sommaire sous les yeux :
Composante Chapitre Humaine 1.2 — La dimension humaine du SI Technologique 1.3 — La dimension technologique du SI Organisationnelle 1.4 — La dimension organisationnelle du SI Les trois chapitres qui suivent ne sont rien d’autre que les trois composantes, prises l’une après l’autre.
Ressources et composantes : ce ne sont pas deux listes à apprendre
C’est ici que l’on se trompe le plus souvent, parce que le cours emploie deux mots pour découper la même chose, à deux niveaux de finesse.
Les quatre ressources vues plus haut sont le détail des composantes, elles n’y ajoutent rien :
Ressource Composante à laquelle elle appartient Matérielles Technologique Logicielles Technologique Procédures Organisationnelle Les personnes qui les mettent en œuvre Humaine Et les données ? Elles ne sont pas une quatrième composante : elles sont ce que le système traite. Les trois composantes sont ce qui les porte — c’est le trépied et l’appareil.
À l’examen : si l’énoncé dit « composantes », répondez humaine / technologique / organisationnelle. S’il dit « ressources », descendez d’un cran : matérielles, logicielles, données, procédures. Les deux réponses sont justes — chacune à sa question.
À savoir — ce que coûte chaque composante
Les entreprises consacrent en moyenne 1 à 9 % de leur chiffre d’affaires à l’informatique. La façon dont ce budget se répartit dessine exactement les trois composantes : 54 % vont à l’équipement et aux logiciels — la composante technologique —, 32 % au personnel — la composante humaine — et 15 % aux services.
Retenez-en surtout ceci : près d’un tiers du budget informatique n’achète aucune machine. Un SI, cela se paie autant en compétences qu’en matériel.
Les rôles du SI
On vient de voir de quoi le SI est fait. Reste à savoir à quoi il sert — et la réponse n’est pas la même selon la personne à qui l’on pose la question.
Le changement de question : ne confondez pas avec les composantes
Les composantes répondent à « en quoi le SI est-il fait ? » — c’est sa matière. Les rôles répondent à « pour quoi faire, et pour qui ? » — c’est son usage.
Le test qui ne trompe pas : une composante se montre du doigt (un serveur, une salariée, une procédure de sauvegarde). Un rôle se raconte, parce qu’il suppose quelqu’un et un horizon de temps : « le comptable édite une facture aujourd’hui ».
Autrement dit : un serveur est une composante ; s’en servir pour décider d’ouvrir une agence, c’est un rôle.
- On distingue trois rôles, qui correspondent à trois horizons de temps :
| Rôle | Ce que le SI sert à faire |
|---|---|
| Opérationnel le quotidien · les exécutants | Enregistrer une commande, éditer une facture, saisir une écriture comptable. Chez Vasseur : Sofiane facture le chantier de Saint-Cyr. |
| Tactique quelques mois · l’encadrement intermédiaire | Suivre le délai moyen de règlement des clients pour décider de relancer. Chez Vasseur : surveiller la marge des chantiers de promoteurs. |
| Stratégique plusieurs années · la direction générale | Décider d’ouvrir un site de vente en ligne au vu de l’évolution des ventes. Chez Vasseur : Camille décide d’ouvrir une troisième agence. |
Ce que le programme retient
Le référentiel ne cite que les rôles opérationnel et stratégique. Le rôle tactique est ajouté ici parce qu’il correspond à ce que fait réellement un encadrement intermédiaire — et parce que sans lui, on ne sait pas où ranger « surveiller un indicateur tous les mois ».
Vérifiez que vous avez compris
Classez ces quatre éléments en « composante » ou « rôle », et justifiez en une ligne : (a) la liaison réseau entre Tours et Blois · (b) éditer les bulletins de paie chaque mois · (c) la procédure de sauvegarde quotidienne · (d) décider d’arrêter de travailler pour les promoteurs.
Composantes : (a) — c’est du matériel, donc la composante technologique ; (c) — c’est une règle, donc la composante organisationnelle. Toutes deux se montrent du doigt.
Rôles : (b) — c’est un usage quotidien par un exécutant, donc le rôle opérationnel ; (d) — c’est une décision de direction à plusieurs années, donc le rôle stratégique. Tous deux supposent quelqu’un et un horizon.
Le piège de cet exercice est (c) : beaucoup rangent « la sauvegarde » dans la technologie, parce qu’on pense au disque. Mais ce qui est nommé ici n’est pas le disque, c’est la procédure — qui sauvegarde, quoi, à quel rythme, et qui vérifie. C’est bien la composante organisationnelle, et c’est exactement ce qui manque chez Vasseur, où la sauvegarde est vérifiée « quand on y pense ».
L’identification des échelons du SI
- Le SI englobe différents échelons dans son fonctionnement ;
- Ces échelons se déclinent depuis l’utilisateur qui réalise ses missions au travers de son poste de travail jusqu’au fonctionnement totalement connecté entre entités nationales et internationales, administrations étatiques, comptables, fiscales, etc.
Chez Vasseur — la réponse
Qu’est-ce qui fait tenir tout cela ensemble, et comment nomme-t-on chacun de ses rouages ?
Ce qui fait tenir la commande de bout en bout, c’est précisément le système d’information — et non les quatre logiciels, qui n’en sont qu’une partie. Reprenez le trajet du devis avec le vocabulaire du chapitre :
- les quatre ressources : les postes et le serveur (matérielles), les quatre logiciels (logicielles), le dossier client lui-même (les données) et la règle qui veut qu’un commercial relève les cotes avant lancement en fabrication (les procédures) ;
- les cinq fonctions : Élodie collecte, le serveur stocke, l’atelier traite, la facture diffuse l’information vers le client et le comptable, et les droits d’accès sécurisent l’ensemble ;
- les trois rôles : facturer relève de l’opérationnel, surveiller le délai moyen entre devis et pose du tactique, décider d’ouvrir une troisième agence du stratégique.
Et le point de rupture apparaît de lui-même : entre la commande et l’atelier, la fonction de diffusion n’est pas assurée par le SI, elle est assurée par la ressaisie manuelle de Nadia Perrot. Six personnes tiennent la chaîne ; une seule erreur de recopie la casse.
Vérifiez que vous avez compris
« Notre système d’information, c’est nos douze ordinateurs et notre serveur. » Pourquoi cette phrase est-elle fausse ?
Parce qu’elle confond le SI et le parc informatique. Les machines ne sont qu’une des quatre ressources du SI, aux côtés des logiciels, des données et des procédures — c’est-à-dire des règles qui disent qui saisit quoi, quand et comment. Une entreprise peut avoir douze ordinateurs neufs et un système d’information défaillant, parce que personne ne saisit les heures des poseurs.
Mise en pratique
Cas pratique 2 : Le chantier du promoteur Loire Habitat
Compétences attendues
- Mettre en évidence le rôle du système d’information dans une organisation
- Repérer les composantes du système d’information et leur rôle
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Le promoteur Loire Habitat commande 42 fenêtres en aluminium pour une résidence de Saint-Cyr-sur-Loire. Le déroulement réel de la commande a été relevé :
Étape Ce qui se passe 1 Loire Habitat envoie sa commande par courriel, en pièce jointe, au format tableur. 2 Sofiane Belkacem l’imprime et la saisit dans le logiciel de gestion commerciale. 3 Il dépose l’impression dans le casier de Nadia Perrot, à l’atelier. 4 Nadia ressaisit les dimensions dans le logiciel de production, qui ne communique pas avec le logiciel commercial. 5 L’atelier fabrique ; une équipe pose sur trois semaines. 6 Sofiane facture depuis le logiciel commercial, puis saisit l’écriture dans le logiciel comptable. 7 Camille Vasseur constate en fin d’année que ce chantier a dégagé une marge de 4 %, contre 19 % prévus. Personne ne sait dire pourquoi. Missions
- Identifiez les trois composantes du système d’information de Menuiseries Vasseur, en donnant pour chacune un exemple tiré du déroulement ci-dessus.
- Descendez d’un niveau : nommez les quatre ressources du SI et rattachez chacune à sa composante. Où rangez-vous la commande de Loire Habitat elle-même ?
- Repérez les cinq fonctions du SI dans les étapes 1 à 6, en précisant l’étape correspondante.
- Montrez que l’étape 7 révèle la défaillance d’une fonction précise du SI.
- Rattachez au rôle opérationnel, tactique ou stratégique du SI chacune de ces trois décisions : éditer la facture de Loire Habitat · surveiller chaque mois la marge des chantiers de promoteurs · décider si Vasseur continue à travailler pour les promoteurs.
- « Le problème de Vasseur, c’est que ses logiciels sont trop vieux. » Appréciez cette affirmation.
1.1.3 Les niveaux du système d’information (SI)
Chez Vasseur — la situation
Thomas Lemoine passe ses journées à dépanner des imprimantes. Camille Vasseur, elle, se demande s’il faut ouvrir une troisième agence. Les deux parlent du « système d’information » — mais pas du même étage.
La question de cette section : comment décrire un SI par niveaux, pour savoir de quoi on parle et à qui s’adresser ?
L’identification des niveaux du SI
- Le SI peut être décomposé selon plusieurs dimensions indispensables à la concrétisation de ses missions ;
- Chacune de ces dimensions constitue un niveau du SI.
Description du schéma, en toutes lettres
Quatre bandes empilées, de haut en bas, avec une flèche verticale à gauche portant la mention « du besoin vers la machine ». De haut en bas : Métier — que fait l’entreprise ? — fabriquer et poser des menuiseries sur mesure ; Fonctionnel — que faut-il savoir faire pour cela ? — établir un devis, lancer une fabrication, facturer ; Applicatif — avec quels logiciels ? — gestion commerciale, production, paie, comptabilité ; Technique — sur quelles machines ? — les serveurs de Tours et la liaison avec Blois.
L’ordre est le sens du schéma : on descend du besoin vers la machine, jamais l’inverse.
Les interactions entre les sous-systèmes
- Le système d’information est au cœur des sous-systèmes de l’organisation ;
- Tous les acteurs doivent agir sur le SI afin d’en renforcer l’agilité ;
- L’interaction entre ces sous-systèmes doit être dynamique et tournée vers la performance globale de l’entreprise :
- Le sous-système décisionnel doit permettre le traitement des informations internes et externes nécessaires à toute prise de décision :
- L’utilisation de systèmes de gestion de base de données relationnelle, de progiciels de gestion intégrés (PGI), de systèmes OLAP (On Line Analytical Processing), d’entrepôts de données (Data Warehouses)… agit sur la qualité de la décision ;
- Les solutions produisent de la valeur ajoutée, permettant ainsi à l’entreprise de se distinguer de la concurrence, ou Business Intelligence (BI).
- Le sous-système opérant est dédié aux métiers :
- Il les assiste dans leurs missions de collecte, stockage, traitement et diffusion de l’information ;
- Il satisfait ainsi le système décisionnel (ex. : gestion des stocks, maîtrise des coûts, suivi des salariés et des règlements).
- Le sous-système d’information offre les conditions de fonctionnement aux systèmes décisionnel opérant, facilitant les échanges d’informations.
- Le sous-système décisionnel doit permettre le traitement des informations internes et externes nécessaires à toute prise de décision :
Chez Vasseur — la réponse
Comment décrire un SI par niveaux, pour savoir de quoi on parle et à qui s’adresser ?
En le découpant en quatre niveaux, du besoin vers la machine : métier (fabriquer et poser des menuiseries), fonctionnel (établir un devis, lancer une fabrication, facturer), applicatif (le logiciel commercial, le logiciel de production, la paie, la comptabilité) et technique (les serveurs de Tours, la liaison avec Blois).
Thomas Lemoine travaille au niveau technique : il maintient les machines et le réseau. Camille Vasseur raisonne au niveau métier. Les deux parlent donc bien du même SI, mais depuis deux étages qui ne se rencontrent jamais — d’où le dialogue de sourds.
Le même découpage se lit avec les trois sous-systèmes : l’atelier et la pose forment le sous-système opérant, la gérance le sous-système décisionnel, et c’est le système d’information qui relie les deux — il remonte au décideur ce que fait l’opérant, et redescend à l’opérant ce que décide la direction.
L’intérêt est immédiat : avant de poser une question, situez-la. « Le logiciel rame » est une question technique ; « faut-il une troisième agence » est une question métier. Se tromper d’étage, c’est se tromper d’interlocuteur — et attendre une décision de quelqu’un qui n’a pas à la prendre.
Vérifiez que vous avez compris
Classez ces quatre phrases du niveau le plus proche du besoin au niveau le plus proche de la machine : (a) « le serveur de Tours n’a plus de place disque » · (b) « nous fabriquons et posons des menuiseries sur mesure » · (c) « le logiciel de production ne sait pas gérer les vérandas » · (d) « il faut lancer une fabrication à partir d’une commande ».
Dans l’ordre : (b) métier, (d) fonctionnel, (c) applicatif, (a) technique.
La logique est toujours la même : le niveau métier dit ce que l’entreprise fait, le niveau fonctionnel ce qu’il faut savoir faire pour cela, le niveau applicatif avec quels logiciels, et le niveau technique sur quelles machines. On descend du besoin vers la machine — jamais l’inverse.
Retenez-en l’usage pratique : une même panne se raconte à quatre étages, et l’interlocuteur n’est pas le même. Confondre (c) et (a) — « c’est le serveur » alors que c’est le logiciel qui ne couvre pas le besoin — fait acheter du matériel qui ne réglera rien.
Mise en pratique
Cas pratique 3 : Le tableau de bord que personne ne peut produire
Compétences attendues
- Différencier les niveaux du système d’information
- Repérer les composantes du système d’information et leur rôle
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Camille Vasseur réclame depuis un an un tableau de bord mensuel tenant sur une page : chiffre d’affaires par marché, marge par chantier, délai moyen entre le devis et la pose, et carnet de commandes de l’atelier. Elle ne l’a jamais obtenu.
Interrogés séparément, quatre salariés répondent :
Qui Ce qu’il dit Sofiane Belkacem (RAF) « J’ai le chiffre d’affaires dans le logiciel comptable, mais il ne connaît pas les marchés. Le découpage particuliers / promoteurs / collectivités n’existe que dans ma tête. » Nadia Perrot (atelier) « Le carnet de commandes, je l’ai. Il est dans mon tableur, et je le tiens à jour le lundi matin. » Élodie Fournier (commerciale) « La date du devis est dans le logiciel commercial. La date de pose, elle, est sur le planning papier de l’atelier. » Thomas Lemoine (technicien) « Techniquement, tout est faisable. Mais personne ne m’a dit ce qu’il fallait sortir exactement, ni à partir de quoi. » Missions
- Situez chacune des quatre réponses au niveau du SI qu’elle concerne — métier, fonctionnel, applicatif ou technique — en justifiant votre choix.
- Expliquez pourquoi la réponse de Thomas Lemoine ne peut pas, à elle seule, débloquer la situation.
- Identifiez chez Menuiseries Vasseur le sous-système décisionnel et le sous-système opérant, en nommant les personnes concernées.
- Montrez que la demande de Camille Vasseur porte précisément sur ce qui relie les deux, et analysez ce qui empêche aujourd’hui cette liaison.
- Ordonnez les quatre actions suivantes et justifiez le critère de votre classement : acheter un logiciel de tableaux de bord · définir les quatre indicateurs attendus et leur mode de calcul · faire saisir la date de pose dans le logiciel commercial · ajouter un champ « marché » sur chaque client.
QCM
Synthèse
Le rôle du SI dans les organisations
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La qualité et le contrôle de l’information — cinq critères : accessibilité, exactitude, actualité, pertinence, exhaustivité. Ils s’apprécient au regard de l’usage : 1 % d’erreur est négligeable sur une statistique de fréquentation, grave sur une facture. Le contrôle passe par les droits d’accès, l’audit du SI, les référentiels de bonnes pratiques et l’interopérabilité des logiciels ;
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Les cinq fonctions du SI — collecter, stocker, traiter, diffuser, sécuriser. Les quatre premières produisent l’information ; la cinquième conditionne la valeur des autres ;
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Les quatre ressources du SI — matérielles, logicielles, données, procédures. Le SI n’est pas le parc informatique : il englobe aussi les règles et les personnes. Ces ressources se regroupent en trois composantes qui doivent interagir : humaine, technologique et organisationnelle — ce sont elles qui donnent leur plan aux chapitres 1.2, 1.3 et 1.4 ;
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Les trois rôles du SI — opérationnel (le quotidien), tactique (le pilotage à quelques mois), stratégique (les décisions de direction) ;
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Les quatre niveaux du SI — métier, fonctionnel, applicatif, technique. On les retrouve en 1.4 comme couches de l’urbanisation ;
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Les trois sous-systèmes de l’organisation — décisionnel (il décide), opérant (il exécute), et le système d’information qui relie les deux et les alimente.
À savoir
Une interaction optimale entre toutes les composantes permet l’efficacité du SI et une réponse en adéquation avec les besoins de l’entreprise.
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